RDC/Beni : Cette chronique, cette histoire !
Que Lumumba ait prophétisé que l’histoire de l’Afrique s’écrira en Afrique et que ce sera une histoire de gloire et de dignité, que Franz Fanon ait comparé l’Afrique à un revolver dont la gâchette se trouve au Congo, il y a lieu de dire que la République Démocratique du Congo est une machette dont la lime se trouve à l’Est, à Beni et la manette tenue par une main que la République ne voudrait certainement pas maîtriser, dont la République se moque, dont la République rit, dont la République fait un drame théâtral, une télé-vision, un télé-silence, un télé-cynisme…Bref, une télé-incompétence.
Fort curieusement, ce décor se réalise à Beni. Point n’est plus besoin de narrer le sort de Beni, la chirurgie des corps que subissent des populations abandonnées, le labour des champs que sont devenus les corps des enfants, des femmes,…de l’humanité oubliée à Beni. Cette narration est pleine sur la voix des ondes,sur la toile des réseaux sociaux, dans les luttes d’activistes et surtout dans les cœurs gros et déchirés des survivants. Cette chronique, notre compatissante République s’en moque, la communauté « humaine » internationale décide de fermer les yeux face au drame de l’Est, face au massacre éhonté des civils.
Qu’hier, cette situation ait été paradoxalement observée ( par la République ) comme une affaire d’animaux sauvages s’entremangeant en pleine forêt, dans un territoire herbeux, c’est désormais au coeur de la ville que des assaillants sapent la République , sapent la vie, disent aux jeunes : « Votre Etat est fantômatique. Nous allons vous rendre la pareille ». Tuer des jeunes en auto-défense nocturne est un fait divers dans ce pays, est un fait médiatique sur Okapi, Actualité.Cd, sur les pages d’éminents journalistes. Ça ne dure que le temps d’une journée. C’est de la chronique disparâte dans un contexte mondialisé où plus rien ne semble durable et digne de mémoire, digne d’histoire. Et cette histoire s’écrit aujourd’hui, devrait s’écrire aujourd’hui. Elle sera une histoire peu livresque. Ce sera une histoire de résilience, d’engagement, de patriotisme, d’humanisme, d’amour, d’espoir, de la vie.
Ces jeunes forcés à mourir hier en cellule Munzambayi, Quartier Boikene, Commune Ruwenzori et la réaction spontanée de ce matin sont un message que ce peuple ne se laissera pas faire, qu’il croit dur comme fer que le dernier mot de l’histoire n’appartiendra pas à la mort, mais à la vie et qu’au bout du combat, quelque dur qu’il sera, le peuple congolais réalisera ce voeux de la Zaïroise, être un peuple grand et un peuple libre à jamais.
Blaise Mukama Londo
Merci beaucoup pour ces paroles sincères et profondes, cher frère Blaise. Puissent les enfants de Beni, du Kivu et de l’Ituri retrouver leur dignité d’hommes libres à jamais.
La voix des mots…
Le mal est réellement profond. Nous assistons à une passivité gouvernementale, signe d’une complicité qui ne saurait être contredite.
Écrivons, crions toujours !
Ça finira par payer…
Mieux vaut dire haut ce que les autorités pensent bas
Toutes mes félicitations à l’édition « j’écris je cris »
Écrivons mais criant au monde entier pour qu’il soit au courant de ses malheurs malgré qu’ils soient les auteurs mais disons-le à voix haute .
Merci encore monsieur Blaise pour ce flambeau que ne cessez de tenir haut, pour éclairer notre société par l’écriture qui édifie et qui éveille.
Nous espérons que l’est du Congo retrouvera sa robe de dignité qui lui est due.