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 J’écris, je crie

L’ingérence justifiée de l’Eglise dans les affaires politiques

De quoi se mêle l’Eglise ? Elle n’a qu’à se murer dans ses sacristies, et laisser la gestion du monde aux professionnels de la politique ! Ceci est souvent la réaction ultime, quand les fameuses gens du monde se voient coincés dans leur propre bule dorée, rappelés à l’ordre et à la bonne conscience par des gens d’église. Souvent, au lieu de se remettre en question et de mettre en pratique les conseils leur prodigués, ils préfèrent facilement remettre en question la légitimité des « gens de Dieu » à s’imiscer dans les affaires politiques. Ce numéro de J’ÉCRIS, JE CRIE veut justement traiter de cette question de la légitimité de l’intervention de l’Eglise dans les affaires politiques et sociales du monde.

Dès le premier abord, il est besoin de faire remarquer que l’Eglise est née pour former les hommes et les femmes à vivre heureux dans le monde afin de préparer la suite de leur félicité après la vie sur terre. La société est donc le terrain ordinaire, aussi bien des démarches politiques que de l’intervention de l’Eglise. Les mêmes hommes que rudoie la politique sont ceux que doit former et consoler l’Eglise. Et une bonne partie de l’Antiquité et du Moyen-Âge ont vue souvent ces interactions coordonnées de l’Eglise et l’État afin de mieux gérer la croissance de toute l’humanité. L’orgueil et l’égocentrisme ont certes détruit ces relations, mais le terrain d’action demeure le même pour toutes les deux institutions. C’est les hommes créés par Dieu, confiés à l’Eglise, qui sont gérés par la politique.

La légitimité de l’intervention de l’Eglise dans les affaires politiques et sociales est donc confiée par le créateur lui-même. Quand Jésus-Christ dit à ses disciples de donner à César ce qui est attribué et de rendre à Dieu ce qui lui revient (cf. Mc 12, 17), il confirme que l’homme doit s’occuper comme responsable, des affaires tant politiques que religieuses. Il est à comprendre ici d’ailleurs, en y changeant bien-entendu ce qui peut être changé, la maxime devenue millénaire de François Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Si la politique gère le corps de l’homme, l’Eglise forme son âme ; l’Eglise est sa conscience là où la politique lui est la science.

C’est donc une Église au milieu du village, une Église pour le bien des hommes, une Église pleine de zèle (cf 1 R 19, 10-14) pour les hommes créés par Dieu, une Église soucieuse de justice, de paix (cf. Mt 5, 1-12), de développement et de bien holistique, que Dieu a voulue. L’Esprit qui guide l’Eglise est contre la souffrance l’asservissement des hommes, il a envoyé l’Eglise libérer tout le monde (cf. Is 61,1; Lc 4, 18), car elle est un peuple de prêtres, de prophètes et de rois (Ap 1,6).

Ceci dit, nous pouvons alors affirmer que l’Eglise a son droit à l’ingérence dans les affaires politiques du monde. Elle en est à la fois le guide et le garde-fou, sentinelle de la vérité, de la justice, de la bonne conscience et du respect des dignités de tous. D’ailleurs, depuis RERUM NOVARUM, avec le Pape Léon XIII, la Doctrine Sociale de l’Eglise a commencé à être formalisée. Que ce numéro vous y éclaire davantage. Nous vous souhaitons une lecture fructueuse.

Abbé Augustin KAKINE

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