De la Présidence de la République à la rébellion
Joseph Kabila prend-il officiellement le chemin de la rébellion ? Vendredi dernier, l’ancien président de la République Démocratique du Congo, qui avait transmis le pouvoir à Félix Tshisekedi en 2019, s’est adressé à la nation dans un message d’une vingtaine de minutes. Il y a dénoncé ce qu’il qualifie de « régime dictatorial » et annoncé des actions concrètes pour sauver une « nation en péril ».
Ce lundi, un nouveau mouvement politico-militaire, baptisé « Front pour la Refondation de la Nation », a été annoncé à Goma. Il serait dirigé par Joseph Kabila, secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa. Cette nouvelle configuration soulève des interrogations sur l’avenir de l’AFC/M23 et sur l’évolution du conflit armé dans l’Est du pays.
De la présidence à la direction annoncée d’un mouvement politico-militaire, le parcours de Joseph Kabila ouvre une nouvelle page de la crise congolaise. Mais derrière les ambitions politiques et les recompositions militaires, une question essentielle demeure : la guerre sera-t-elle encore longue, et quelle est la place des populations qui souffrent depuis des années ?
Dans l’Est de la RDC, les populations continuent de payer le prix fort : déplacements, insécurité, familles brisées et avenir incertain. Elles n’attendent ni de nouveaux discours ni de nouveaux acteurs armés, mais la paix, la sécurité et la dignité.
La refondation de la nation ne peut se construire sur les armes et les souffrances du peuple. Au-delà des rivalités pour le pouvoir, les dirigeants congolais doivent répondre à une question fondamentale : qui se bat réellement pour le peuple, et qui se sert de sa souffrance pour conquérir le pouvoir ?
Yanick Nzanzu Maliro, Scj