Choc : La réapparition de l’Ebola à l’est de la RDC

L’Est de la République démocratique du Congo étouffe. Il crie, il saigne, il agonise sous le regard indifférent du monde. Et ce secours qu’on lui promet depuis des décennies ne viendra pas des chancelleries, ni des discours creux. Il ne viendra que d’en haut, de celui qui a fait le ciel et la terre. Car ici, sur cette terre oubliée, l’homme a failli. Ce peuple vit les armes à la main et les larmes aux yeux. Chaque jour est une survie. Et comme si la guerre, les massacres et les tueries ne suffisaient pas, voilà qu’une autre arme silencieuse frappe encore : Ebola. En 2018, elle a déchiré le Nord-Kivu et l’Ituri avec une violence inouïe. Elle a arraché des pères, des mères, des enfants. Elle a laissé des maisons vides, des écoles sans élèves, des familles brisées, des orphelins livrés à eux-mêmes.
Ebola n’est pas nouveau. Il est né en 1976 en Équateur, sur cette même terre congolaise, et il revient monstrueux, brutal, implacable, il ne tue pas seulement les corps. Il tue l’espoir. Il installe le doute, la peur, le désespoir. Aujourd’hui, Goma, Butembo, Beni et l’Ituri enregistrent à nouveau des cas confirmés. Ces provinces, déjà martyrisées par les groupes armés, sont prises en étau entre la kalachnikov et le virus.

Et pendant ce temps, Goma suffoque. L’aéroport est fermé depuis plus d’un an. La frontière du Rwanda, ce refuge pour des milliers de voyageurs, est verrouillée. La route de Bunagana vers l’Ouganda l’est aussi. Toutes ces voies bloquées, Le peuple se voit être enfermé avec la mort. Aucune voie de secours, aucune voix de recours.

Mais le plus tragique, c’est ce qui se joue dans les esprits. Les équipes humanitaires perdent leur crédibilité. À Butembo, la population résiste, se méfie, se ferme. Et cette méfiance est un poison plus rapide que le virus lui-même. Elle se propage, elle contamine, elle tue. Parce que quand l’État ment, quand la parole officielle trahit, le peuple se réfugie dans la rumeur. Micheline kaghoma dans un de ses post cette jeune congolaise et veilleuse du Web.

Pour Unicef dit : « les épidémies viennent souvent avec deux virus ; celui de la maladie, et celui de la désinformation ». il est tristement constaté que c’est le second qui tue le plus vite.
L’isolement, les masques, les quarantaines, ces choses qui brisent les liens et éloignent des siens. Ce peuple est à bout. Il est traumatisé, il est en colère, il est abandonné. On lui parle de protocoles, de mesures, de chiffres. Mais on ne l’écoute pas. On ne le soigne pas. On ne l’accompagne pas. Il faut plus que des gels désinfectants, et des banderoles. Il faut une vérité dite haut et fort, une sensibilisation qui respecte la dignité, un accompagnement humain qui redonne confiance.

Ebola nous rappelle une chose simple et terrible : l’humanité est fragile. Et face à la nature, face à la mort, tous les masques tombent. Ce virus ouvre les yeux, de gré ou de force. Il montre ce que l’abandon, la négligence et l’injustice produisent. Il montre que tant que l’Est du Congo sera traité comme une zone sacrifiable, aucune épidémie ne sera jamais vraiment vaincue.
Soucieux, silencieux, les yeux de ce peuple vers l’au-delà, au moins la bas, il n’y a pas d’EBOLA.

Sophie Masivi

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