Plaidoyer pour la paix

Titre : Plaidoyer pour la paix
Auteur : Jean-Robert KAGHOMA WANGEVE
Ville d’édition : Butembo
Maison d’éditions : Editions J’écris, je crie
Année d’édition : 2025
Pages : 231
Numéro dépôt légal : ZH 3.02409-57534
Numéro ISBN : 978-99951-52-11-8
Format : A5
RESUME
‘‘Plaidoyer pour la paix’’ est une macédoine artistique dont la recette pourrait étonner au premier abord. Tout y est. Pas comme un mélange morbide tel celui que réalisent les cabaretiers, pas une ripopée aux ingrédients mal dosés, mais un agencement harmonieux des textes qui, de l’art dramatique à la poésie, en passant par la beauté prosaïque de ses nouvelles littéraires, dans lequel notre écrivain inspiré étale de façon anthologique l’état pathétique de la gestion catastrophique de la dignité de la vie humaine dans son pays. Un cocktail puissant où le comique fait bon ménage avec le grave. Il est question pour l’auteur de nous rappeler notre devoir d’engagement pour la cause de l’humanité entière : ‘‘Nous pouvons rendre ce monde meilleur. Et nous sommes déterminés pour ça’’ (p.30). C’est en fait cela la raison ultime de notre lutte. Car tant que la dignité de l’homme ne sera pas respectée par tous et en tous, aucun des humains n’aura droit au moindre répit. Tous, enfants, adultes et mêmes vieux, sommes soumis à ce devoir d’état. ‘‘Lutter pour la vie et la dignité de l’homme est le devoir de tous’’ et ‘‘il n’y a point d’âge pour lutter’’ (p.35) ou pour ne pas lutter ! Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent, avait écrit le poète coriace Victor Hugo, voici près de deux siècles. En fait, l’histoire a prouvé assez que dans ce bas monde, il ne peut rien exister de bon qui se laisse capturer facilement. Comme tout ce qui nait de cette nature mortelle, le confort ne dure pas longtemps dans nos vies. Il est de notre devoir de le mettre à jour à chaque fois. D’où le devoir d’une lutte incessante pour notre propre bien-être et surtout pour celui des hommes, nos frères. Car le respect de notre dignité ne nous sera pas offert en cadeau. C’est d’ailleurs avec raison qu’avant d’aller au combat, les Chefs militaires romains motivaient leurs troupes
en ces termes : ‘‘Hic est vincendum out moriendum’’ (Sur le champ de bataille « il faut vaincre ou mourir »).
Découvrez quelques pages intéressantes
J’étais illuminé quand, soudain, j’entendis un
bruit âpre crépitant des tôles « mba ! mba !». Et, directement des bruits légers « fr ! fr ! frrrr ! fr ! ». A la seconde, ma curiosité s’alluma. Je sortis de la chambre.
Oh ! C’étaient deux corbeaux qui venaient d’atterrir
sur le toit. Ils étaient naturellement habillés en noir
blanc. Avec leurs becs moyennement sales, ils grignotaient un truc qui m’offrit une attention tranchante.
Leurs yeux enthousiasmés et attentifs faisaient leur sécurité. Franchement, ces corbeaux laissaient perplexe ma curiosité.
De temps à temps, ils s’étiraient avec plaisir comme les bouffeurs avares après
les grandes fêtes, et pour se dissimuler, ils remuaient
joyeusement mais lentement leurs pattes épineuses en
se chuchotant des paroles. Ils étaient sûrs que personne
ne les surveillait. Quelle prétention ! J’étais là ! Mal
gré leur cache-cache, leurs griffes frôlaient les tôles
indiscrètes. Spectateur flatté, je me moquais d’eux. Je
me disais dans mon cœur : « Le poète vous voit et
vous entend messieurs ! » Bon, même si je n’enten
dais pas convenablement leurs paroles, j’avais quand
même écouté le « mba ». Dans tous les cas, messieurs
les corbeaux se réjouissaient sur un sol étranger, sur
mon toit. J’avais la situation sous mon contrôle et je
me disais avec fermeté : « Je connais bien mon toit.
Ces corbeaux se croient capables de se dissimuler sur
mon toit ? Quelle idiote assurance ! Je saurai par tous
les moyens le secret de leur aventure ». Et justement
après un effort, je pus quand même entendre quelques
mots de leur sournois dialogue :- …La Fontaine nous a donné une leçon, disait l’un.-Tu as raison, il n’y a pas meilleur maître que lui, ré
pondit l’autre.-Le Petit Renard ne nous aura plus jamais, reprit le
premier.-Jamais ! Personne ne dérangera plus notre fête. Notre
fête est éternelle, mon cher, rassura ardemment le se
cond. -Nous ne faillirons plus. Nous ne permettrons plus
qu’un voyou nous arrache notre proie. Nous sommes
décidés. Vive la Fontaine ! Ainsi jurèrent simultané
ment sous mes yeux, les deux corbeaux émerveillés
par leurs becquées.
Je restai stupéfait face à ce dialogue. Des cor
beaux qui parlent de fête ? Fête éternelle ? Des cor
beaux décidés ? En sont-ils capables ? C’était là les
questions qui me taraudaient l’esprit. Qu’aurais-tu
fait, Kajibi ? Chasser les corbeaux ?
Chasser les corbeaux ne fut pas mon option. Au
contraire, attiré, et par leur dialogue, et par leur aven
ture sur mon toit, je fus obligé d’envoyer en repos
mes Muses. Heureusement, elles acceptèrent volon
tiers. Je remuai alors avec élan tout mon corps sans
faire de bruit pour prendre une bonne posture. Mon
but était d’espionner davantage les deux visiteurs intrus qui célébraient leur gala dans mon royaume.
Mais, sais-tu, Kajibi, ce qui se passa ? Mon Dieu
! Les corbeaux sont vraiment vigilants. Ils voient à
cent mètres comme les phares d’une voiture neuve.
Soucieux surtout de découvrir leur menu, j’avais allon
gé courageusement et mieux qu’une girafe mon cou,
j’avais ouvert mes deux yeux plus qu’un chat attaqué,
quand un corbeau me vit et s’immobilisa brusquement.
Nous nous regardâmes pendant une seconde. Je com
pris tout de suite qu’il m’avait peut-être vu, même si
j’espérais le contraire. Et sans plus tarder, j’orientai
mon regard dans une autre direction. Je voulais qu’il
ne me vît pas. J’avais peur de gâcher le spectacle.
Après un instant, j’apprêtais de nouveau mes yeux
pour regarder quand je sentis d’un bruit subit pétiller
les ailes engagés. Ce bruit interrompit ma ruse. Je fus
obligé de remettre rapidement mon regard sur le toit.
Mes deux acteurs étaient partis. Alors, me vint à l’es
prit l’idée que le corbeau m’avait réellement vu et qu’il
avait signalé un danger à son frère. Je fus bouleversé,
mais l’incident ne me découragea pas. Ma curiosité de
vint plutôt grande. J’étais désormais libre d’inspecter
mon toit.
Pressé, je courus par-ci par-là, non loin de ma
chambre, pour me trouver une échelle. Il n’est pas fa
cile de monter sur le toit d’une maison sans échelle,
Kajibi ! Tu le sais bien ! Un moment après, les tôles
froufroutaient. C’était moi ! Ce n’étaient plus les cor
beaux. J’avançais soigneusement en quatre pattes vers
l’endroit où j’avais vu se régaler les messieurs. Ah !
J’avais peur de faire une glissade ! Je priais que mon
ange gardien me permît d’atteindre le lieu. Et, quand
je fus très près, je m’exclamai d’une voix soulagée «
Dieu merci ! ». Je regardai le reste du menu qui avait
attiré mon attention. Quoi ? Des jeunes plumes. Des
plumes de poussins ? S’interrogea mon grand éton
nement.
Mon cher Kajibi, c’était des plumes de pous
sins. Y comprends-tu quelque chose ? Ces tristes
plumes gisaient là près de moi et ressemblaient, je
t’informe, aux miettes. Troublé, je restai un moment
pensif. Dans ma tête se défilait un monde de choses.
Quel moment pénible et interrogateur ! C’est après
ce moment que je compris la sagesse de la nouvelle
Makaste et les corbeaux : Ceux qui rôdent autour de
nous ont toujours un intérêt sous-roche.
N’as-tu pas besoin d’entendre cette nouvelle ?…
Non ? Ho ! Tu rôdes peut-être autour de quelqu’un
et tu as peur qu’il ne découvre les jeunes plumes !
Ne t’en fais pas ! Tu n’es pas le seul roublard de la
planète. Ce monde est plein de sous-marins. Certains
rôdent autour de toi. C’est sûr ! Tu apprendras, grâce
à cette nouvelle, à corriger les intentions maléfiques
de ceux qui se feront plaisir de t’offrir de pitoyables
jeunes plumes.
Histoire !… C’est ça ! J’ai entendu ta réponse,
ton « Annonce ». Son écho résonne agréablement
dans mon cœur. Oh ! Quelle voix ! C’est curieux !
N’est-ce pas un timbre pareil à celui de Makaste ?
Oh Makaste ! Tu sauras qui est Makaste, Kajibi ! Lis
moi !
Makaste était un vieux riche de son village Balolanda. Il élevait des poules, une ribambelle de poules.
Grâce à cet élevage, il était capable de nourrir toute une
agglomération. Il nourrissait tout son village et chaque
villageois avait de l’estime pour lui. Quand les Balo
landais le voyaient traverser la rue, ils s’empressaient
de le saluer avec honneur, tellement il avait mérité la
renommée dans tout Balolanda



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